A la mi-juin, du 14 au 20 plus exactement, j’ai loué une galerie au centre de Toulouse avec 3 autres créatrices pour y présenter mes produits et – bien évidemment – vendre. Une semaine après cette expérience, mon avis sur la chose n’a pas changé : les expo-ventes c’est décidément pas mon truc.
Au départ c’est par une fille que je connais via une association de femmes entrepreneurs que j’ai eu vent du tuyau. Sur le papier, ça s’annonçait plutôt bien : il était possible de louer une galerie en plein centre ville pour 500 euros pendant une semaine, ce qui partagé par 4 revenait à 125 euros par personne. Elle-même vend des vêtements pour bébés en coton extra doux qui vient du Pérou, une deuxième est créatrice de bijoux de style plutôt contemporain et la troisième fabrique des décorations pour chambres d’enfants (doudous, turbulettes, tour de lit, coussins de chaises hautes, etc). Je ne connaissais que mon amie qui m’invitait à les rejoindre et je n’avais aucun a priori sur les deux autres. Sauf que… Deux semaines avant la location les filles ont voulu faire imprimer des flyers à déposer dans les commerces du voisinage pour tenir leur clientèle informée de l’ouverture de notre « boutique éphémère ». Nous avons échangé par e-mail et c’est la dernière créatrice (celles des décos pour chambres d’enfants, on va l’appeler K.) qui – étant aussi illustratrice – a proposé de s’en charger « malgré sa charge de travail ». Sur le principe déjà j’aime pas trop ça, les gens qui se la jouent « je suis vraiment archi débordée mais je vais le faire quand même, pffff » alors que personne ne leur a rien demandé. Au bout de quelques jours elle nous a pondu un truc tellement mochissime que même une grand-mère de 80 ans atteinte de la maladie de Parkinson et n’ayant jamais touché un ordinateur de sa vie aurait pu faire mieux on ouvrant Word ou PowerPoint pour la 1ère fois de sa vie. En gros elle s’était contentée de reprendre les flyers de chaque boutique et de les réunir sur une page sans même les aligner… Puis elle a décliné son horreur en 3 versions : une avec un fond bleu clair, une avec un fond gris et une avec un fond blanc. Et nous a demandé nos avis. Puisqu’elle le demandait, je lui ai donc donné le mien en prenant bien soin de ne pas attaquer frontalement son travail mais en suggérant des pistes d’amélioration. Comme je ne l’avais jamais rencontrée, je préférais prendre des pincettes. Cette sale connasse m’a alors complètement agressée par e-mail comme si je l’avais attaquée personnellement et a conclu son mail par « J’ai pas que ça à faire, t’as qu’à t’en occuper ». J’ai préféré ignorer sa réponse de gamine immature et j’ai dit ok.
J’ai donc proposé ma version que j’ai soumise par mail à tout le monde quelques jours plus tard, mais bon je n’étais finalement pas très inspirée et le résultat était plutôt moyen. Je l’ai tout de même envoyé par mail en demandant aux filles ce qu’elles en pensaient et si elles avaient des idées pour améliorer le résultat et là je me suis repris un e-mail tellement agressif qu’il en était presque insultant de la part de la connasse sus-mentionnée, qui en gros me disait qu’elle « reprenait la main » parce que ce que j’avais fait « ne correspondait pas à leur univers ». Le ton du mail était tellement désobligeant que j’ai fini par lui demander cash si elle avait un problème avec moi ou si c’était juste une handicapée de l’écrit pour être aussi désagréable. Parce que si elle avait un problème, autant me le dire tout de suite car ça remettrait fortement en cause ma participation à cette vente. Hors de question de m’enfermer avec une folle hystérique pendant 7 jours dans un local minuscule, mon appât du gain est bien moins prononcé que mon envie de confort personnel. Comme je n’avais pas son tel tout s’est passé par mail et comme je m’y attendais, j’ai eu droit à de plates excuses dans le message qui a suivi. Pour faire court, elle a fini par se remuer un peu mieux les fesses pour faire un flyer convenable mais après ça, je n’étais pas empressée du tout à faire cette vente. Si j’ai arrêté de bosser en entreprise c’est pour plus me prendre la tête avec des gros cons, alors pas question de me retrouver dans des situations merdiques maintenant alors que plus rien ne m’y oblige.
Mais après cet épisode, quand j’ai rencontré la fille après elle était douce comme un mouton, et je me suis dit que c’était le genre de personne à agresser quand elle est bien planquée chez elle derrière son ordi, et à ne surtout pas la ramener en face à face. Donc après elle ne m’a plus emmerdée. MAIS… ce n’est pas pour autant que la semaine a été idyllique.
Le dimanche où nous avons eu les clés, nous nous sommes retrouvées toutes les 4 à la galerie pour y aménager nos stands et faire en sorte que ça ressemble le plus possible à une boutique. Comme il y avait pas mal de choses à porter, Chilli Rain m’a accompagné. Une fois les espaces de chacune délimités, j’ai rempli mon stand (une longue table pour y exposer les produits et du fil de nylon pour accrocher des babioles en l’air) et 2 des autres filles ont commencé à me saouler : K. et E., la 2ème étant la fille que j’ai connu via l’association. Elles avaient toujours quelque chose à redire sur la façon dont j’exposais mes produits. « Tu devrais faire ci », « Tu devrais mettre ça plutôt là », etc. De quoi je me mêle ? A partir du moment où je laisse organiser leurs stands comme elles veulent, qu’elles me lâchent les basques et s’occupent de leur espace, pas du mien ! La semaine s’annonçait longue.
Pour ne pas se retrouver à 4 vendeuses dans cette galerie minuscule (les clients n’auraient plus pu rentrer) nous avons établi un roulement pour définir qui ouvre le matin et qui ferme le soir, avec une présence de 2 filles par jour pour gérer la boutique. Je devais commencer à 10h le lundi avec E. qui avait les clés. La connaissant, je me suis dit qu’il valait mieux que j’arrive à 10h30 pour pas poireauter devant l’entrée parce qu’elle serait à la bourre. Je suis donc arrivée à la demie et là, surprise, galerie FERMEE ! Et un sms envoyé à 10h25 pour me prévenir qu’elle arriverait 20mn après car elle était un peu en retard. Elle s’est donc pointée à quasiment 11h tandis que je l’attendais sous la pluie et surtout qu’on avait bien fait imprimer sur les flyers « ouvert tous les jours de 10h à 19h ».
Cette première journée a été plutôt morose à cause de la pluie, une première cliente est passée à l’heure du déjeuner. Le quartier étant assez bourgeois c’était donc une nana à l’allure plutôt friquée, qui visiblement sortait ses trois gamines dont la plus âgée devait avoir à peine 7 ou 8 ans. A peine rentrées dans le magasin ses filles se sont précipitées sur mon stand (le plus coloré, avec les zigouigouis et les multitudes d’accessoires) et se sont mises à tout tripoter. Le tout sous l’oeil mou de la mère qui leur répétait sans grande conviction de « ne pas toucher ». Les gamines n’en avaient rien à foutre, et après seulement 5 mn à les voir toucher à tout et tout déranger avec leurs mains sales je n’avais qu’une envie, les prendre une par une et leur cogner la tête contre le rebord de la table en leur hurlant bien fort dans les oreilles que quand on dit « pas toucher », ça veut dire PAS TOUCHER. Bien évidemment elles sont ressorties sans rien acheter, et ma seule vente de la journée ce fut 2 élastiques et un bandeau pour la somme formidable de 11 euros. Ca fait plaisir de se dire « Aujourd’hui, je me suis levée tôt, j’ai passé la journée ici au lieu de faire du stock à la maison, je me suis fait chier comme un rat mort parce qu’il n’y a eu que 5 personnes qui sont rentrées à cause de la pluie et j’ai gagné 11 euros ». Total lose, non ?
Le lendemain la pluie a un peu cessé et j’ai quasiment doublé mon chiffre d’affaire : 24 euros en fin de journée. Le mercredi j’ai décidé de ne pas y aller, d’autant plus qu’en parallèle je recevais chaque jour des commandes sur mon site et que le fait d’être à la boutique m’empêchait de les traiter. Je devais juste passer le soir avant la fermeture pour récupérer les clés parce que c’était à moi d’ouvrir le jeudi matin. Je suis donc arrivée à 19h pile et là, oh surprise… E. qui était partie chercher ses mômes à l’école deux heures plus tôt s’était barrée avec les clés, et les deux autres filles sur place ne s’en étaient même pas rendues compte ! J’ai dû patienter jusqu’à 20h que Chilli Rain aille chez elle en voiture et me ramène le trousseau de clés pour que je puisse fermer, ah oui parce que E. était coincée chez elle avec ses deux enfants et ne pouvait pas venir me les apporter elle-même vu que son mec était pas là pour garder les mioches.
A partir du jeudi, j’ai miraculeusement réussi à atteindre le nombre de vente me permettant de rembourser la location de la galerie. Je comptais sur les deux derniers jours pour faire dorénavant du bénéfice. Vendredi je n’y suis pas allée (j’ai bossé sur mes commandes à la maison) et samedi matin on était censées être à la boutique toutes les 4 car c’était supposé être LE jour de toutes les ventes, normalement le samedi les gens sortent faire du shopping, non ? Sauf que… C’était K. qui devait ouvrir à 10h, je suis arrivée à 11h et j’ai trouvé la galerie fermée, les lumières éteintes et le rideau de fer baissé. Gné ? J’ai appelé E. (la seule dont j’avais le numéro) pour essayer de comprendre ce qui s’était passé mais elle n’en savait pas plus que moi. Comme le proprio occupait la galerie d’à-côté j’ai pu récupérer un double des clés pour ouvrir quand même et E. m’a rejointe 3/4 d’heure plus tard. Elle avait essayé de joindre K. en vain. Jusqu’à ce que celle-ci finisse par rappeler et explique qu’en gros elle s’est engueulée avec son mec et qu’elle est tellement désespérée qu’elle n’a pas eu le courage de venir à la galerie ce matin. Et bien sûr elle s’est bien abstenue de prévenir les autres, on aurait pu s’organiser pour récupérer les clés et ouvrir sans elle, ça aurait été dommage. Je n’en ai pas cru mes oreilles. Mais quelle pauvre fille !!! On est 4 à avoir payé une location pour exposer dans cette galerie et madame ne vient pas ouvrir le samedi matin parce qu’elle s’est fritée avec son mec ?!!! Bullshit total ! Déjà que je ne la portais pas haut dans mon estime, autant dire que cet événement a achevé de me convaincre de sa nullité profonde et de son manque total de professionnalisme. Puis, cerise sur le gâteau, mon amie E. a eu ces mots en raccrochant : « Heureusement qu’on est pas une entreprise, elle n’aurait pas pu se permettre de faire une chose pareille… ». Pas une entreprise ? Hé bien justement, si, on est des entreprises. Moi en tous cas j’en suis une : je suis immatriculée, je déclare mon C.A. sur lequel je paie des impôts et mon but, c’est d’arriver à en vivre confortablement. C’est bien ça « être une entreprise », non ? Parce que dans ma tête, je ne me vois pas vraiment comme une femme au foyer qui fait ça pour s’occuper. Mais visiblement, au moins 2 sur les 3 autres semblent faire ça juste en amateur. Je ne mets pas la créatrice de bijoux dans le même sac car avec elle je n’ai eu aucun problème, c’est la seule personne qui se soit montrée professionnelle dans le tas et qui ait été aussi choquée que moi des retards d’ouverture ou de K. qui n’amène pas les clés pour « convenance personnelle ».
Au niveau des ventes, le samedi a été exécrable : un 19 juin il a plu comme vache qui pisse et il faisait 15°C dehors, autant dire qu’il n’y avait personne dans les rues. A 16h j’en ai eu ma claque et je suis rentrée à la maison. Le dimanche les filles voulaient ouvrir mais je n’y suis pas allée, je me suis juste pointée après l’heure du déjeuner pour remballer mon stand (et encaisser les 24 euros de la seule et unique vente du matin, youpi) et laisser la place aux deux autres nouvelles qui ont pris le relais la semaine suivante. Comme la personne qui louait la galerie la semaine suivante s’est désistée au dernier moment le proprio a fait un super tarif (200 euros la semaine supplémentaire au lieu de 500) mais pour moi il était hors de question de perdre encore ne serait-ce qu’une heure dans cet endroit.
Bilan de la semaine : beaucoup de temps perdu et quasiment pas rentabilisé. En gros, quand on retire la location de la galerie et les à-côtés (tickets de métro, boissons pour organiser un « vernissage » à l’ouverture, etc) j’ai dû faire à peine 30 ou 40 euros de bénéfice. Par rapport au temps qu’il m’a fallu pour préparer les stocks et au temps que j’ai perdu sur place et qui m’a mise en retard pour traiter les commandes reçues via Internet, c’est vraiment nullissime. Beaucoup d’efforts pour pas grand-chose !
Ma conclusion : le e-commerce ça me convient mieux, et le jour où je voudrai vendre mes produits en boutique mieux vaut que je les place dans des boutiques avec des vendeuses dont c’est le métier et qui s’en occuperont à ma place.
J’hallucine. Ca existe vraiment des gens aussi nuls que ça ? Comment peut-on s’engager dans une telle voie avec d’autres personnes, et être aussi irresponsables ?
Tu es clairement faite pour te driver toute seule et déléguer aux gens compétence quand nécessaire.