Un site aux personnalités multiples

Luxe, calme et volupté

Pour mon anniversaire qui était au printemps dernier, j’ai eu un superbe cadeau de la part de mon cher et tendre : deux bons cadeaux pour aller me faire masser dans un « spa toulousain ». Si, si ça existe. Celui-là en l’occurrence se trouve sur une péniche amarrée sur le canal et assez proche du centre ville. Les massages étant accompagnés de 2h d’accès aux différentes « activités » du spa, j’ai préféré attendre la fin de l’été pour m’y rendre, parce que tremper dans un jacuzzi quand il fait 38°C en plein moins d’août, comment dire… ce n’est plus de la relaxation c’est de l’infusion.

L’avantage de travailler à son compte c’est qu’on a des horaires relativement souples. Donc pas la peine d’attendre un mois qu’un créneau se libère un samedi, j’ai pu prendre rendez-vous rapidement pour le mardi suivant mon appel, en début d’après-midi. Je suis arrivée pile à l’heure et je me réjouissais depuis plusieurs jours de ce premier massage, un soin des jambes et du visage dont le nom seul laissait présager mille et une merveilles : « Rituel fleur de Bali », disait le bon cadeau.

A l’accueil, l’hôtesse m’a demandé si j’avais bien pris mon maillot de bain puis elle m’a emmenée dans une cabine et m’a donné un peignoir et des chaussons pour que je puisse me changer. Une fois prête, je suis sortie et la demoiselle m’attendait à l’extérieur.

Elle – « Suivez-moi, je vais vous installer… »

Je m’attendais à entrer dans l’une de ces petites pièces joliment décorées pour me faire masser mais nous sommes passées devant sans nous arrêter.

Elle – « Voilà, vous commencez par le sauna. Il y a un sablier dans la petite pièce, vous le faites tourner 2 fois : ça fera une demi-heure. Ensuite vous inverserez avec ces dames et vous pourrez aller au hammam. »

Gné ? Et je suis censée rester une demi-heure au hammam aussi ? Mais j’étais pas supposée me faire juste masser à 14h ? Me voilà donc assise en maillot de bain sur le banc en bois du sauna microscopique (à peine assez grand pour 2 personnes assises l’une à côté de l’autre) et à regarder d’un oeil mauvais le sable s’écouler dans le sablier. Ah oui, parce qu’il y a quelque chose que j’ai oublié de dire à la dame : le sauna, en fait, j’aime pas ça. Fait trop chaud. Toutes les 2mn j’ouvrais la porte pour faire redescendre la température, et au bout d’un quart d’heure j’en ai eu assez et j’ai proposé aux deux filles qui étaient dans le hammam d’inverser nos places. Coup de bol, elles étaient d’accord. Enfin, de bol, pas si sûr. Pensant moins souffrir de la chaleur je me suis installée dans le hammam et là, horreur, avec toute la vapeur j’ai cru que j’allais étouffer. Je n’ai pas tenu 5 mn avant de sortir, me doucher et remettre mon peignoir pour aller chercher l’hôtesse à l’accueil du spa. Elle m’a regardée avec de grands yeux :

Elle – « Un problème ? »

Oui, le problème c’est que je suis là pour me faire masser et que je vais pas poireauter une heure à dégouliner en attendant qu’on vienne s’occuper de moi.

Moi – « Hé bien, en fait, le sauna et le hammam, là, c’est pas trop mon truc… »
Elle, embarrassée – « Ah… c’est que ma collègue est déjà prise, elle ne va pouvoir s’occuper de vous tout de suite… Bon suivez-moi, je vais vous faire patienter sur les fauteuils relaxants en attendant »

Je l’ai suivie et elle m’a installée sur un espèce de fauteuil géant en cuir. Sur le principe, ça avait l’air sympa : un moteur articulé à l’intérieur du fauteuil appuie sur les points de tension du corps pour le détendre. En pratique, j’imagine que je ne dois pas avoir les points de tension situés aux mêmes endroits que les testeurs qui ont servi de premiers cobayes à cet appareil. Le massage du fauteuil était un équilibre parfait entre des pressions au dos très agréables, et d’autres très très très désagréables. Notamment quand l’appareil s’acharnait avec une vigueur non feinte sur des points que je qualifierais de points tendres, voire mous, sans aucune tension pour résister aux assauts de la machine.

Le semi-supplice a duré un bon quart d’heure, à la suite duquel l’hôtesse est venue me chercher pour m’emmener sur la 2ème machine « relaxante ». Pour celle-ci, il fallait s’allonger sur le dos et poser les deux chevilles dans un appareil un peu rembourré et pas super ergonomique (supports plats quand on a les jambes placées en diagonales, dommage) qui, dès qu’il était mis en marche, secouait les pieds du bestiau – les miens, donc – dans un mouvement de balancier plus ou moins régulier. Ca donnait quelque chose comme : gauche, droite, gauuuuuche, droiiiite, gauuuche, droiiite, gauche, droite, gauchdroitgauchdroitgauchdroitgauchdroittttttgauuuuuche, drrrrroiiiite, etc. Pendant un temps qui m’a encore semblé durer une éternité, pour des bénéfices que je qualifierais d’incertains. Mais c’était une sinécure comparée à la 3ème machine.

Je l’avais repérée car il y avait déjà quelqu’un dessus et elle avait l’air plutôt sympa (la machine). A ce que j’avais vu, elle se balançait doucement de haut en bas, sans doute pour simuler le flottement d’un corps léger sur une mer de pétales aériens. Ou un truc du genre. Que nenni, cet engin était le pire de tous, un véritable objet de torture. L’hôtesse m’a laissée m’allonger dessus et dès qu’elle l’a mis en marche j’ai compris que je n’allais que moyennement apprécier le roulis. A chaque fois que cette sorte de chaise longue se balançait en arrière, je sentais mon estomac peser sur mon oesophage et mon cerveau glisser doucement dans mon crâne jusqu’à se coller au sommet. Puis le siège se contre-balançait en avant et les organes sus-cités se mettaient à glisser en direction de mes pieds. Au bout de 3 allers-retours, j’avais la nausée. Comme la fois où j’étais partie faire de la plongée et qu’attendre sur le bateau m’avait retourné l’estomac. Pour atténuer l’effet, j’avais dû regarder un point fixe au large. Ah voilà, il me suffisait donc de chercher un point fixe… le plafond ? Allez, va pour le plafond. Pendant les 10 minutes qu’ont duré mon supplice j’ai donc fixé le plafond. Le plafond qui se rapproche… le plafond qui s’éloigne… le plafond qui se rapproche… le plafond qui s’éloigne… bon sang mais j’étais juste venue pour me faire masser, bordel… marre de ces conner… rhaaaa pas se déconcentrer, la nausée revient !!! Bon, le plafond qui se rapproche… le plafond qui s’éloigne…

Enfin, l’hôtesse est venue éteindre cet appareil du diable. J’ai donc pu en descendre dignement… et non pas en me ramassant comme un gros flan si j’avais essayé de m’en échapper le moteur en marche, comme j’ai envisagé de le faire pendant quelques instants. Pour finir en beauté, non ce n’était pas encore l’heure du massage mais l’hôtesse m’a proposé d’aller au jacuzzi. Ah, ça normalement c’est bien, le jacuzzi. Sauf qu’il y avait un petit problème ce jour-là et que l’eau était moins chaude que d’habitude. Hé bien devinez quoi ? Un jacuzzi tiède, hé bé c’est moins bien.

Il a encore fallu un bon quart d’heure avant qu’on vienne me chercher pour que je puisse enfin faire ce pour quoi j’étais venue au départ : me faire masser. Là, je vais arrêter de persifler car c’était vraiment très très bien. Je n’en dirai pas autant de la partie « relaxation forcée » qui a précédé et que je n’avais pas prévue en arrivant. Mais je crois que j’ai juste été mal habituée : la première fois que j’ai eu la joie de tester un spa c’était dans un hôtel grand luxe au Vietnam, puis dans un autre hôtel très chic à Londres et j’en garde de merveilleux souvenirs. J’ai un 2ème massage prévu la semaine prochaine (ben oui, j’ai eu 2 bons cadeaux), j’espère juste que cette fois-ci l’eau du jacuzzi sera chaude… ou que mon massage prévu à 11h aura bien lieu à l’heure dite.

Une réponse to “Luxe, calme et volupté”

  1. Amel dit :

    Les supplices, c’est peut-être une technique pour encore mieux apprécier les massages ^^

Répondre

Propulsé par WordPress | Design réalisé par Elegant Themes